PORTRAIT : Des crochets à l’arbitrage, un pas fait par Syrine El Mesbahi
Lors du tournoi Jacques Bataille qui a eu lieu du 16 avril au 18 avril à Amiens dans l’enceinte du Coliseum, nous avons rencontré Syrine El Mesbahi, 23 ans, jeune arbitre de boxe. Toujours sur le ring, l’ex-boxeuse et championne de France a remisé les gants pour devenir arbitre.
Dans la boxe, pour Syrine El Mesbahi c’est le ring qui est essentiel. Qu’elle y monte pour boxer ou pour arbitrer, son choix c’est le carré bleu entre les cordes. Les gants, elle a dû les laisser aux vestiaires suite à de multiples déconvenues, mais tout de même auréolée de 2 titres de championne de France. Elle a débuté la boxe anglaise à 7 ans. Puis, la cht’i a été chercher deux titres de championnes de France en – 57kg. Mais, entre déception et blessures, Syrine a dû faire évoluer ses objectifs sur le ring. « On m’a promis deux stages à l’INSEP que je n’ai jamais obtenus. Ça, ça m’a mis un gros coup moral. » Elle n’en saura jamais le pourquoi. La raison l’a emporté en souhaitant poursuivre ses études mais en gardant un pied dans le noble art.

Ancienne championne, arbitre, le ring est son espace d’expression
L’arbitrage est la solution : « Je me suis dit, je vais tenter et on verra bien et puis je m’y plais donc j’aimerais bien rester dans le milieu. Je ne me vois pas être dans un autre sport que la boxe. » Malgré la surprise de stopper sa carrière, ses parents la soutiennent dans son nouveau challenge. Ses amis l’ont aussi confortée. Si elle se sentait bien de tenter cette expérience, elle devait la vivre. « Deux ans après, je suis bien contente d’avoir fait ce choix-là », nous affirme Syrine.
Avec son grade d’arbitre régional, elle est donc venue à Amiens pour suivre les ceintures distribuées lors du tournoi Jacques Bataille. Son sourire de tous les jours fait place à un visage fermé et concentré quand elle officie entre les cordes. Parfois autour du ring à noter et parfois sur le ring, au plus près du combat, la place qu’elle préfère et où elle se sent le plus à l’aise : « J’aimerais viser l’international d’ici 3 à 4 ans. C’est une grosse ambition, mais si on s’en donne les moyens, on ne fait rien. »
« Il y en a certains qui ont du mal, mais que ce soit un homme ou une femme, ils auraient du mal !«
Quand on voit la détermination dans son regard, on ne doute pas de sa volonté de gravir les échelons de l’arbitrage. Pour autant, cette jeune arbitre a dû faire face aux critiques vis-à-vis de son état civil mais aussi de sa jeunesse. Sa solution est de ne pas s’attarder à écouter ce que les gens disent. Hormis les conseils de ses pairs et de sachants qui peuvent l’entourer comme lors de cette soirée amiénoise. Dans une rencontre, elle aime l’engagement des boxeurs et être donc dans cette action. La proximité du combat, un regard porté au cœur des échanges pugilistiques.

Récemment, Syrine a passé des partiels pour devenir CPE dans les lycées ou collèges. Elle est en attente des résultats. Elle a trouvé son « sport » et un métier où elle saura aussi « arbitrer ». Dans ce challenge de l’arbitrage, elle y a acquis une maturité et un regard. Une prise de décision rapide et au plus juste comme lors des rencontres où elle officie.
Quant aux boxeurs, son avis est franc : « Il y en a certains qui ont du mal, mais que ce soit un homme ou une femme, ils auraient du mal ! C’est à nous de savoir trouver le juste milieu, réussir à nous imposer. Si on est clair dans les consignes qu’on leur donne, tout ira mieux et ça se passera très bien. » Voilà l’engagement de Syrine El Mesbahi, être claire et montrer sa valeur tant dans la vie que sur le ring.
Léandre Leber
Crédit photos : Léandre Leber – Gazettesports.fr



