Bénévolat : Grégory Debiève, l’une des voix des Spartiates
Ancien joueur des Spartiates d’Amiens pendant une vingtaine d’années, Grégory Debiève fait désormais partie des bénévoles Ce samedi dernier, il était speaker pour la rencontre contre les Gladiateurs, le temps pour lui de nous raconter son histoire.
C’était dans un cadre ensoleillé et lors de la mi-temps de la rencontre à sens unique entre les Spartiates d’Amiens et les Gladiateurs de La Queue-en-Brie que nous retrouvions Gregory Debiève, bénévole pour l’équipe locale. Le consultant en pharmacie, et ancien joueur des Spartiates, fait partie des bénévoles depuis plus de 20 ans. « J’ai été joueur pendant une vingtaine d’années, et ça va faire quasiment 20 ans que je suis bénévole. On est une équipe de 50 bénévoles pour le club, pour animer les soirées de match. » Un rôle qui fait sens en somme pour ce passionné de foot US, qui endossait le rôle de speaker ce soir-là. Gregory revient sur ce rôle : « Ce n’est pas mon poste principal, effectivement, mais on essaie de se remplacer les uns les autres quand il y a des absences, donc on doit être multi-compétents », nous partage-t-il, amusé.
Le bénévolat aux Spartiates, un rôle exigeant
Bien évidemment, la tâche de speaker n’est pas aisée. Entre la complexité du jeu à décrire et la vitesse de l’action, il est facile de se perdre dans ses mots, ou de perdre le public avec des termes trop techniques. À ce sujet, le speaker du soir développe : « C’est un sport qui est quand même peu connu en Europe, et la difficulté c’est à la fois de pouvoir mettre de l’ambiance, mais aussi d’être pédagogue et de pouvoir expliquer au public les règles du jeu, le placement des joueurs sur le terrain, et puis les basiques du foot américain. » Cependant, celui-ci reste tout de même confiant et lucide en ses compétences : « C’est difficile de se mettre à la place des autres, mais quand on entraîne des gamins notamment, on a l’habitude de vulgariser les choses, pour que ce soit plus facile d’accès, et de se dire qu’il ne faut pas être trop technique dans le commentaire. » Parce que oui, en dehors de son rôle de speaker, Gregory est aussi entraîneur de l’équipe flag des Spartiates. « C’est la catégorie qui va être présente aux Jeux olympiques à Los Angeles. Les nôtres sont un peu trop petits pour y être, on est sur du 9-15 ans, mais c’est possible pour eux pour les Jeux olympiques d’après. » Ses nombreuses casquettes, Gregory Debiève apprécie toujours autant les enfiler : « Je passe beaucoup de temps à entraîner les gamins le samedi, à donner les coups de main le soir du match. C’est un plaisir parce qu’il y a un groupe hyper uni, souvent d’anciens joueurs, les maris qui viennent se remettre dans le groupe, c’est un climat familial, on prend beaucoup de plaisir. »
Un devoir de neutralité avant tout
Bien évidemment, l’un des devoirs du speaker est de commenter le match sans prendre de position. Un sentiment partagé par Gregory Debiève : « On doit être neutre, mais il y a toujours un petit côté d’essayer d’emmener le match, on essaie toujours de rester dans les limites de ce qui peut se faire, mais essayer d’influencer un petit peu le cours du jeu, c’est toujours intéressant.« En effet, il est possible d’influencer le jeu adverse, le public ayant un véritable rôle dans l’ADN du match : « Il faut savoir une chose, c’est qu’au football américain, le public intervient dans le jeu. Quand l’attaque adverse est sur le terrain, ils ont une capacité à brouiller les signaux de l’équipe. L’attaque, quand elle est sur le terrain, va se parler, envoyer des jeux sur le cours du jeu, et s’il y a beaucoup de bruit dans le public, ça les gêne énormément. Donc ça fait partie du sport. Les grands stades aux États-Unis, ils sont connus pour avoir énormément de décibels. Donc c’est important d’avoir effectivement des corps pour nous donner un coup de main, pour faire du bruit. » Par ailleurs, les supporters des Gothiques avaient fait le déplacement pour donner de la voix. Donc cette fameuse neutralité n’en porte que le nom. En effet, si le corps arbitral veille à ce devoir en envoyant des arbitres venant d’autres régions de France, pour les autres acteurs de ce sport, ce n’est pas la même chose. Mais il est bien compréhensible qu’un bénévole d’une équipe locale, qui plus est ancien joueur, éprouve de l’affection à l’idée de voir son équipe gagner. Concernant cet aspect, Gregory Debiève explique : « Il y a de l’affect forcément, et puisqu’on a envie que notre équipe gagne, que les gens passent un bon moment. On y met du cœur, on n’est pas toujours hyper objectif. »

Tout est mis en place pour servir la compréhension du public
Comme abordé précédemment, les speakers entretiennent une relation particulière avec le corps arbitral, afin de retranscrire avec précision les décisions au public. Pour ce faire, les arbitres ont un micro. Grégory explique : « En tant qu’ancien joueur, on connaît les signaux, et quand l’arbitre fait des signaux avec ses bras, ses mains, on sait que c’est telle ou telle faute qui a été appelée. » Tous ces éléments sont mis en place afin de faciliter la compréhension du match pour le public. En ce sens, il en va de même concernant le choix de l’annonce des numéros des maillots ou des noms lors des commentaires. À ce sujet, Grégory partage son expertise : « On essaie de commenter avec les numéros, et quelques noms de temps en temps, pour que ça prenne aussi moins de temps avec les numéros, c’est plus pratique. Et puis l’avantage du foot américain, c’est que les numéros sont hyper identifiables et les gens peuvent faire l’amalgame entre le joueur, le numéro, la position, donc on essaie de jouer un peu avec tout ça en même temps. » Avec tous ces éléments, il serait facile de se submerger dans sa tâche de speaker, tant la tâche peut sembler laborieuse. Pourtant, Gregory Debiève prend beaucoup de plaisir dans ce rôle : « J’ai tellement regardé le foot américain dans ma vie, entendu de commentaires, que ça vient aussi un peu plus naturellement de commenter. »
Bien plus qu’un bénévole, un passionné avant tout
Il est facile d’imaginer qu’en tant qu’ancien joueur et ayant plus de vingt ans d’expérience dans la structure amiénoise, Grégory a vu évoluer l’équipe des Spartiates et sa structure. À ce sujet, il partage son enthousiasme : « C’est top pour quelqu’un qui a connu le foot américain quasiment à ses débuts sur Amiens de voir des infrastructures comme celle-ci, des soirées comme ça, où on a 750/1000 spectateurs au stade, c’est quand même énorme pour un club amateur, donc oui effectivement on est très contents de ça, et de tout ce qui est mis en place par les collectivités, nos sponsors, et c’est chouette de voir que les enfants sont contents, les adultes sont un peu ébahis, donc c’est top. » Quoi qu’il en soit, il est difficile de douter de la motivation dont fait preuve Grégory Debiève au sein de son club de cœur. Une chose est sûre, il fait partie, et ce au même titre que ses joueurs historiques ou ses dirigeants, des membres les plus influents et piliers des Spartiates, que ce soit par son parcours de sportif ou celui de bénévole.
Noa Lambert
Crédit photo : Alexis Cazeel – Gazettesports.fr




