JUDO : La nouvelle vie de Georgi Dadiani, pas très loin des tatamis

Longtemps espoir du judo local, Georgi Dadiani, appelé à plusieurs reprises avec l’équipe de France, a connu la période la plus difficile de sa jeune carrière. L’Amiénois, toujours licencié à l’ASC Judo, avait besoin de changement et est devenu, depuis janvier, conseiller technique fédéral pour le département de l’Indre et celui du Cher.

Depuis quatre mois, Georgi Dadiani a mis sa carrière de judoka de haut niveau entre parenthèses. L’Amiénois est devenu, en janvier, conseiller technique fédéral pour le comité départemental de l’Indre de judo, dans l’Indre et dans le Cher. Son quotidien est désormais bien différent, mais c’est un changement qui était devenu nécessaire pour l’homme de 22 ans, quelque peu lassé par le rythme de sportif de haut niveau qu’il espère tout de même reprendre à l’avenir sans pour autant se fixer de deadline précise.

C’est un peu lâche, mais quand il n’y a plus de plaisir, ça ne sert à rien de continuer.

Georgi Dadiani

Le point de bascule de sa jeune carrière intervient à la fin de l’année 2023. Quelques mois plus tôt, en mars, il termine troisième aux Championnats de France juniors, un résultat très positif à 19 ans qui laisse entrevoir de beaux espoirs pour la suite. Mais cette belle lancée va connaître un sacré couac dès son arrivée dans la catégorie seniors. Un résultat au Championnat de France en novembre 2023 à Caen qui va laisser des traces dans la tête de Georgi Dadiani. « J’étais content, j’étais sur une bonne lancée, une bonne dynamique. Mais arrivé aux France, je me fais découper (sic) comme un enfant de trois ans [par Ali Aden], c’était terrible. Je pense qu’à l’heure actuelle, je le prends, je le bats, raconte-t-il en souriant. Je me suis dit qu’il fallait vraiment faire quelque chose et au lieu de m’entraîner, j’ai arrêté. C’est un peu lâche, mais quand il n’y a plus de plaisir, ça ne sert à rien de continuer. Je ne prenais plus autant de plaisir à être sur le tapis, à m’entraîner, à aller chercher de l’adversité, de la concurrence. Ce n’était plus ce qui me plaisait. »

Depuis la fin de l’année 2023, Goergi Dadiani a traversé une longue et difficle période dans sa jeune carrière.

« Quand j’étais dans la catégorie junior, je performais plus en senior qu’une fois arrivé en senior dans les compétitions senior, avoue-t-il avec une pointe d’amertume. Il y a des remises en question, après on fait le bilan, plus d’entraînement. Forcément, ça impacte les résultats. Ça ne servait à rien de se voiler la face et d’aller à l’autre bout du monde, parcourir la Terre entière pour faire des premiers tours et rentrer sans même être déçu. » Après une première pause, il remonte sur les tatamis mais avec une envie relative et parfois avec des pieds de plomb. Ce spleen, Georgi le traîne plusieurs longs mois, à tel point que les Jeux olympiques 2024 l’ont laissé indifférent. Il a aussi fait le choix de ne pas suivre les épreuves de judo en direct, mais n’a pas pu se détacher des résultats qu’il consultait sur internet, ni manquer le scénario incroyable de l’épreuve par équipes mixtes et la manche décisive remportée par Teddy Riner pour offrir l’or à l’équipe de France.

Tant qu’il y a Teddy Riner, c’est bouché.

Georgi Dadiani

Ce ras-le-bol est aussi venu du fait que sa catégorie, les plus de 100 kg, est sacrément bouchée avec notamment le quintuple champion olympique. « Tant qu’il est là, on a beau faire tout ce qu’on veut (rires), le rêve olympique, on le met forcément de côté. Je pense que pour tout combattant qui a voulu faire du haut niveau et qui a atteint, on va dire, une certaine partie du haut niveau, le rêve olympique, il est forcément dans un coin de notre tête, estime le jeune homme. Pour notre catégorie, on sait qu’elle est bouchée, donc on se fait vite à l’idée qu’on ne sera pas aux JO. » Ainsi, c’est avec un quotidien chargé, rythmé par les allers-retours entre Amiens et Paris pour les entraînements, que Georgi Dadiani a pris conscience que cette vie ne lui convenait plus. Un point de non-retour était atteint, même si ses derniers résultats étaient tout de même positifs avec une qualification pour les championnats de France de première division en juin 2025.

Un nouveau rôle qui sied bien à Georgi Dadiani

Désireux de bousculer son quotidien de sportif de haut niveau, mais aussi de voir autre chose, l’Amiénois de 22 ans décide de se renseigner sur le site de la Fédération française de judo pour trouver un emploi en lien avec sa passion de toujours, mais afin de la vivre différemment. « À la fin, j’allais aux compétitions parce que je devais y aller et que j’étais dans la liste des sélectionnés. Je n’y allais pas vraiment avec l’envie de tout arracher comme je pouvais avoir à une certaine époque« , confie-t-il. Il tombe sur une annonce pour devenir conseiller technique fédéral dans l’Indre et le Cher, une opportunité qu’il saisit et il est retenu pour prendre le poste. « C’était une décision mûrement réfléchie. J’ai fait toute ma vie dans le judo, beaucoup au haut niveau et toujours pour la compétition. Là, j’avais pour objectif de voir un peu ce qui se passait derrière le rideau. »

Georgi Dadiani, même s’il n’habite plus à Amiens, est toujours licencié à l’ASC Judo.

À Amiens et dans la Somme, Nicolas Cailleux étant en poste depuis plusieurs années, Georgi Dadiani doit déménager à plus de 400 kilomètres pour occuper le poste de conseiller technique fédéral pour le département de l’Indre et celui du Cher et a à charge 3 000 licenciés. De fait, il s’est quelque peu éloigné de la compétition, mais il n’est finalement jamais trop loin des tatamis. « Ce qui me plaît le plus, c’est de faire l’accompagnement sportif. Il y a les jeunes minimes dans mon département qui commencent à être plutôt pas mal. Je suis auprès d’eux durant les stages. Le judo, c’est quand même un sport qui me tient à cœur. Le faire découvrir aux gens, le mettre en lumière, en avant, c’est une priorité pour moi« , insiste Dadiani.

Même si son quotidien a changé et qu’il ne combat plus aussi régulièrement que lors des dernières années, la flamme du judo en tant que telle brûle encore en lui. Preuve en est, il a participé au championnat de France par équipe ce week-end à Paris avec l’Amiens Somme Club. Avec son équipe, il a passé trois tours avant d’être éliminé en quarts de finale. À l’avenir, un retour dans le circuit du haut niveau n’est pas à exclure pour Georgi Dadiani qui rêve de participer un jour aux Jeux olympiques.

César Willot
Crédit photo : Théo Bégler – Gazettesports.fr

Leave a Comment

Your email address will not be published.

Start typing and press Enter to search