MIXITÉ : Quelle place dans les sports de combats ?

Valentine Roger, professionnelle depuis plus de 3 ans au club MuayThaï Amiens, évoque la place des femmes dans ce sport de contacts, plutôt dominé par les hommes.

Le Muay-Thaï est un sport de combat inscrit dans la culture thaïlandaise depuis de nombreuses générations. Cependant sa pratique reste majoritairement masculine. Les licenciées féminines de MuayThaï Amiens se font rare et encore plus au niveau des compétitions, « je suis la seule compétitrice » nous précise la boxeuse amiénoise. Dans le milieu professionnel les combats, qu’ils soient féminins ou masculins, sont diffusés au même titre. Selon Valentine Roger l’écart se creuse surtout dans les récompenses obtenues lors des compétitions, nous confie-t-elle, « parfois lorsque je suis en tête d’affiche, je suis payé moitié de ce que va toucher mon collègue qui passe cinquième« . De plus, malgré la reconnaissance de la qualité de la boxe féminine par des spécialistes de la pratique, il existe encore trop d’obstacles, de disparités liés à un regard externe à la pratique : « Je trouve qu’il y a plus de sexisme dans le regard des personnes qui n’y connaissent rien que le regard des spécialistes« .

La mixité est l’un des nombreux défis du sport dans le futur. Les sportifs sont la plupart du temps séparés dans leur pratique : les hommes d’un côté, les femmes de l’autre. Dans les sports de combats cette division est encore plus marquée pour Valentine Roger : « La mixité en compétition ne se pose pas vraiment dans les sports de combats, elle ne garantirait pas du tout l’égalité … voire même elle réduirait les chances des femmes de performer« . Si cette mixité n’est pas proposé lors des compétitions, les entraînements, eux, le sont « et l’ont toujours été« .

Entraînement mixte au club MuayThaï Amiens

Les combattants et combattantes, qu’ils ou elles soient amateur(e)s ou professionnel(le)s peuvent donc pratiquer ensemble chaque jour d’entraînement. Pour Valentine Roger, de part sa qualité et son statut de boxeuse professionnelle, les entraînements mixtes ne sont pas contraignants au niveau physique ou technique : « Techniquement, la plupart du temps je suis meilleure que certains hommes« . De plus ces entraînements ne se réalisent jamais à pleine puissance ce qui permet à tout le monde de pouvoir combattre ensemble et progresser.

Le club propose aussi un entraînement « spécial femme » une fois par semaine : « Les entraînements en non mixité sont tout de même importants à mes yeux car ils permettent à celles qui ont besoin de se sentir en confiance de s’entraîner sans regard masculin » avoue-t-elle. Ces entraînements en non mixité peuvent aussi être bénéfique pour reprendre confiance en soi sans regard du genre opposé. Pour la boxeuse cette idée de non mixité encore présente dans les clubs ou compétitions est donc essentiel et primordial dans certaines pratiques ne nécessitant pas de comparaisons techniques ou d’intensités.



Hugo Degl’Innocenti et Leandre Leber
Crédits photos : GazetteSports

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