PORTRAIT : Louis Depil, le sportif qui s’éclate dans deux sports et trois clubs
Plusieurs mois après ses exploits, nous avons retrouvé Louis Depil, ce garçon très occupé, souriant, sportif éclectique et qui, à notre connaissance, est un des rares à s’éclater dans deux disciplines sportives différentes que sont le football et le cyclisme, mais aussi dans trois clubs.
On se souvient que l’été dernier, durant le Tour de France, un jeune sportif de notre région avait réussi une sorte d’exploit en parcourant, la veille du peloton de la Grande Boucle, et ce pour une œuvre caritative, les mêmes étapes en solitaire. « J’avais en effet parcouru le Tour de France de 3400 km en solitaire pour des associations avec 17 étapes étalées sur 19 jours, se souvient Louis Depil. Chaque jour, je faisais environ 200 km et j’avais une assistance composée de membres de ma famille. » Louis Depil avait terminé son périple à Dreuil-lès-Amiens, exactement sur le terrain de football de ce village et dont il porte les couleurs du club local. Si physiquement, le corps avait tenu, par la suite, à l’inverse, lorsque les médias ont cessé de parler de lui, de ses exploits, dans la tête, Louis Depil a alors éprouvé de grosses difficultés à retrouver la vie normale. C’est un phénomène courant chez le sportif, une sorte de burn-out, et il est heureux qu’après quelques semaines de doute, Louis Depil, redescendu d’un étage, ait retrouvé aujourd’hui son équilibre psychique. Il n’est évidemment pas le premier à être touché par ce phénomène et nous nous rappelons ces confidences qu’avait faites Philippe Ermenault. Toutes proportions gardées, lui aussi avait eu du mal à redescendre sur terre après son titre olympique d’Atlanta en 1996.
Le cyclisme compétitif, le football plaisir
Le fait est rare et à notre connaissance, Louis Depil est une sorte de pionnier dans la pratique de ces deux sports distincts. D’autant qu’en cyclisme, il court à la fois dans un club FFC et un autre UFOLEP, mais pas dans la Somme car les deux organismes ne collaborent pas tellement. Mais revenons à ce parcours de l’an dernier qui, en quelque sorte, a « sorti » de l’anonymat ce jeune homme originaire de l’Aisne mais fixé désormais dans la Somme. À Dreuil-lès-Amiens, il a trouvé depuis trois ans l’équipe idéale et les copains avec qui il prend du plaisir à jouer chaque semaine au poste de défenseur latéral gauche alors qu’il n’est pas du tout gaucher. « C’est vrai que je suis partagé entre le foot et le vélo, nous raconte ce garçon souriant sur la place de Picquigny où nous nous étions donnés rendez-vous. Ce sont deux disciplines bien différentes. Le vélo est pour moi une grande passion et le foot un loisir dans lequel j’aime retrouver cet état d’esprit de partage avec les copains. À Dreuil, certes c’est un petit club, mais nous nous connaissons tous. Et puis le président, M. Decouture, est le papa de mon meilleur ami. À Dreuil, j’ai rencontré des gens extraordinaires et c’est une grande famille. Je retrouve mes copains et je pense à autre chose que le vélo. J’arrive à concilier les deux même si le vélo me semble plus important. Je trouve quand même important de pratiquer le foot et croyez-moi cela me sert dans la vie de tous les jours. »
En septembre, j’avais une course le matin de 170 km et j’ai terminé à 14h30. J’avais ensuite un match de foot à Molliens-Dreuil à 15h30. J’y suis allé et j’ai joué.
Louis Depil
Abordons maintenant le second volet de la carrière de Louis Depil, le cyclisme qu’il pratique dans deux clubs différents : Dunkerque en FFC et en UFOLEP à Fouilloy-lès-Cambraisis. Il est déjà arrivé que durant un dimanche, Louis Depil ait à la fois disputé une épreuve cycliste et un match de football. Le fait est exceptionnel mais il témoigne de la bonne santé et surtout de la forme de ce passionné de sport. « En septembre dernier, j’avais une course le matin de 170 km et j’ai terminé à 14h30. J’avais ensuite un match de foot à Molliens-Dreuil à 15h30. J’y suis allé et j’ai joué un moment, mais je reconnais que c’était vraiment compliqué et c’est vraiment occasionnel. Je reconnais que la FFC et l’UFOLEP sont deux affiliations différentes. L’UFOLEP est beaucoup plus axée sur le loisir avec des gens qui travaillent la semaine. La FFC réunit des gens qui veulent par contre aller plus haut dans la hiérarchie. Maintenant, je constate que beaucoup de coureurs FFC viennent courir en UFOLEP parce qu’il y a de plus en plus d’épreuves UFOLEP, ce qui n’est plus le cas en FFC. Je vous assure que le niveau en UFOLEP a progressé et dans les courses, je suis très surveillé, en ayant du monde sur mon porte-bagages. Tout le monde veut courir en UFOLEP pour la raison simple qu’il y a des courses près de chez eux. Je vais vous donner un exemple : en début de saison à Crévecoeur-le-Grand, il y avait plus de 500 coureurs pour la journée. »
Louis Depil se trouve en pleine force de l’âge et actuellement, il se dépense sans compter pour honorer ses trois licences mais en choisissant lui-même les courses qu’il veut disputer, comme par exemple dimanche dernier au GP de la Hotoie à Amiens où il a pris la 4e place. Au fait, Louis Depil est très occupé le week-end en course ou en semaine aux entraînements, mais il a aussi un métier qui lui prend du temps : surveillant dans un établissement scolaire au Collège Saint-Pierre à Amiens. Un métier qui lui permet de continuer à pratiquer le sport, sa grande passion.
Lionel Herbet
Crédit photo : Théo Bégler – Gazette Sports



