BÉNÉVOLAT : Christine Vasseur et le CASBB, une véritable histoire d’amour

Le 11 octobre dernier, Christine Vasseur s’est vu remettre à l’occasion de l’AG de la FFBB à Clermont-Ferrand, une médaille d’or en guise de reconnaissance de son engagement bénévole au CASBB. Qui de mieux qu’elle pour résumer son parcours au sein d’un club avec lequel elle a lié une relation très proche ?

Pour Christine Vasseur, tout a commencé en 1995 où elle était devenue bénévole par le biais de ses enfants, eux qui étaient des mordus de basket-ball, un processus qui était très courant à l’époque. Puis très rapidement, Francis Faillu, à l’époque président de l’Union sportive des Cheminots d’Amiens, lui proposait de s’engager en tant que bénévole au sein de la structure, qui en manquait. C’est ainsi qu’elle commençait par encadrer l’équipe U11 mixte dans laquelle jouait sa fille. Rapidement, elle intégrait le bureau de l’USCA, juste avant sa fusion avec Amiens Sud en 2006 où elle y était devenue secrétaire adjointe en 2008.

En 2010, c’est la consécration pour elle puisqu’elle prend la présidence du club, suite à un fort investissement de sa part, à une époque où il fallait que ce soit un ayant droit cheminot pour occuper ce poste. « Au départ, j’étais un petit peu réticente, vu que je ne suis pas une basketteuse dans l’âme. Si j’ai pris les fonctions, c’est aussi que je savais que j’allais avoir du soutien au niveau du comité de Somme et il y a deux personnes qui m’ont beaucoup aidée« , explique Christine Vasseur, très reconnaissante de ceux qui l’ont accompagnée.

Christine Vasseur nous explique le parcours de ses plus de 30 ans de bénévolat.

Une force collective pour un sport qui l’est tout autant

Même si elle n’était pas initiée au basket au début de son engagement, Christine Vasseur a basé sa carrière de bénévole sur le collectif afin de s’aider et d’aider les autres au sein du club. Elle qui a découvert la discipline grâce à ses enfants a aussi réussi à s’entourer de personnes clés tout au long de son long engagement : « Quand on est bénévole, il faut aussi être bien accompagné, sinon on ne tient pas toutes ces années. Donc, on doit beaucoup aux personnes du club aussi, qui m’ont accompagnée toutes ces années. » C’est notamment le cas de Valérie Soudain, qui gère les licences, et de Gérard Leprêtre, aujourd’hui deuxième vice-président de la ligue régionale Hauts-de-France, mais aussi du club amiénois, aux côtés d’une grosse vingtaine de bénévoles.

Un soutien indéfectible qui lui vient aussi des membres de sa famille, en particulier sa fille, avec qui elle travaillait en binôme pendant 15 ans durant sa présidence, elle qui était secrétaire et qui s’occupait de la communication. Des valeurs qui vont de pair avec le CASBB, club qui est souvent placé derrière l’ASCBB, l’Amiens Métropole Basketball et l’ESCLAMS BB, qui évoluent à des échelons supérieurs : « Les valeurs humaines, c’est important au niveau du sport, on est attachés à cela. On sait très bien que dès qu’on a des bons joueurs, ils vont s’en aller. […] Nous, on se retrouve avec un club plus convivial dans la mesure où on joue à un petit niveau. C’est à la portée de tous. On rassemble plus de monde à ce niveau-là. »

Un club qui ne se limite pas au volet sportif, et le CASBB le sait, puisque cette année, il s’agit du seul club des Hauts-de-France à obtenir le label citoyen FFBB, avec deux étoiles. Un label décerné par la fédération dans une optique de valorisation des actions autres que compétitives au sein d’un club, que ce soit par le biais de stages de lutte contre les violences de toute forme ou pour l’implémentation de sport santé dans la pratique au sein de la structure. « C’est pour ça qu’on est un club convivial aussi. On fait des actions qui rassemblent un grand nombre de personnes aussi, qui touchent le plus grand nombre. Tout le monde ne peut pas jouer en Elite, bien sûr« , relativise Christine Vasseur.

Selon Christine Vasseur, l’esprit collectif s’inscrit aussi hors du parquet.

Un équilibre parfait entre ses plusieurs casquettes

Du point de vue personnel, la gestion du club et de ses 16 équipes aurait pu avoir un incident négatif sur ses autres devoirs, notamment sur celui de parent, mais la Samarienne a trouvé le parfait équilibre, et ce n’est pas sa fille qui dira le contraire, elle qui avait fait un discours surprise à sa mère, soulignant cet équilibre parfait. « C’est une passion. Comme disait quelqu’un, on ne fait rien sans passion. C’est sûr, parce que c’est du temps. On fait ça le soir quand on dort et tout le matin quand on travaille. Ça ne s’explique pas. C’est une passion. On le fait, il ne faut pas se poser de questions », raconte Christine Vasseur.

La clé dans tout cela revient sûrement dans la séparation des fonctions et devoirs, et sur le fait de souvent faire des voyages ou des sorties afin de ne pas dénouer le lien familial : « Quand on me dit que je n’ai pas le temps, ça, c’est un choix. Le temps, il faut savoir s’organiser. Quand on veut quelque chose, on va mettre les moyens pour y arriver. C’est vraiment tout », nous partage-t-elle, pleine de sagesse et de philosophie. Quoi qu’il en soit, le lien famille/bénévolat se faisait aussi grâce à ses enfants justement, tous les deux grands amoureux de la balle orange.

Entre famille et engagement, Christine a fait son choix : ça sera les deux.

L’absence de bénévoles et de moyens, deux grandes difficultés du monde sportif associatif

Trésorière du comité de Somme de Basket-Ball depuis 10 ans, Christine Vasseur a aussi une casquette à l’échelle du territoire samarien. Avec 3000 licenciés, soit bien moins que dans l’Oise ou dans le Nord, le département connaît cependant un renouveau avec l’ouverture de clubs comme à Nesle, pour ne citer que lui. « Autour d’Amiens, ça s’est développé quand même. Là justement, on relie d’autres bénévoles, il y a une belle perspective d’évolution mais tout dépendra de ces bénévoles », explique la dirigeante pleine d’optimisme.

Mais comme souvent, les pièces centrales du système associatif, autrement dit les bénévoles, manquent à l’appel, et l’Amiénoise comprend très bien la complexité de la situation, celle des parents souvent très occupés par exemple. Un constat général qui touche l’ensemble du monde sportif qui l’amène à regretter que cet engagement ne soit pas croissant : « La preuve en est, c’est que l’année dernière, en début de saison, on a mis en place une coalition pour les buvettes, pour faire vivre un petit peu les rencontres. Au final, on s’est retrouvés à 5, pendant une saison. »

Il existe encore beaucoup de difficultés humaines, logistiques et financières dans la vie des bénévoles.

En dehors de ces complexités logistiques et humaines, s’ajoutent des soucis financiers, une ressource plus qu’importante afin de pérenniser une structure associative. Au CASBB, il n’y a pas de salariés pérennes mais un apprenti BPJEPS depuis deux ans. « On n’a pas les moyens financiers d’embaucher derrière, donc c’est ça qui coince. On investit, on prend sur notre épargne pour avoir recours à des BPJEPS basket notamment pour l’encadrement des jeunes, parce qu’ils ont besoin d’être encadrés. Parce que les bénévoles, nos entraîneurs, viennent après leurs cours ou après leur travail, mais là, il y a des créneaux où ce n’est pas possible« , raconte Christine Vasseur. En dehors de cela, il y a aussi une baisse du nombre d’entraîneurs bénévoles, ce qui oblige le club à puiser un peu plus dans ses ressources qui, au fil du temps, s’amenuisent, faute de sponsors.

Une médaille qui veut dire beaucoup

Outre cette casquette de dirigeante, Christine Vasseur contribue aussi aux trois équipes loisirs du club, elle qui a même développé un championnat vétéran et a créé sous sa présidence une section loisir féminine. Un projet important pour elle, car c’est comme ça que tout a commencé : « Avec des parents, on a créé une section loisirs. Depuis, on fait en sorte que ça perdure et moi, je veille à ce qu’il y ait toujours des loisirs et qu’ils aient leur place au même titre que les compétiteurs au sein du club. » Une section qui, comme elle le dit si bien, « correspond aussi à une nouvelle consommation des joueurs ». En effet, certains joueurs vieillissants souhaitent tout de même continuer la pratique de cette discipline, sans le côté compétitif, comme c’est le cas aussi pour certains jeunes qui ne sont pas attirés par la compétition.

Un engagement sur tous les fronts pour cette bénévole touche-à-tout, qui lui a récemment valu d’être mise à l’honneur par la Fédération française de basket-ball, qui lui a remis, le 11 octobre dernier à l’occasion de l’Assemblée générale, la médaille d’or du bénévolat. Un symbole récompensant ses années d’engagement qui lui apporte une grande satisfaction : « C’est une reconnaissance vis-à-vis des proches car ce n’est pas toujours évident d’être à côté d’une bénévole qui s’investit à 100 % dans un domaine. Moi, ça me fait plaisir vis-à-vis de mes enfants. […] C’est surtout la reconnaissance du club, des organismes auxquels je participe. Moi, je vois ça comme ça. On reconnaît notre club à travers moi par la médaille. »

Quoi qu’il en soit, l’histoire d’amour entre Christine Vasseur et le CASBB n’est pas près de s’arrêter de sitôt, elle qui, après une vie entière dédiée au bénévolat d’un club, trouve sa meilleure récompense dans le fait de « voir les tout-petits jouer, s’amuser, s’éclater au basket ».

Noa Lambert
Crédit photo : Théo Bégler – Gazettesports.fr

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