SOUS LE MÊME MAILLOT : Mère et fille Bexant, les deux générations liées du hockey sur gazon

Tous les mois de cette année 2026, retrouvez le portrait de deux membres d’une famille pratiquant ensemble un même sport au sein d’un club de la métropole amiénoise. Pour ce troisième numéro, interview croisée d’Alice et Caroline Bexant, joueuses de l’Amiens Sports Club.

Si l’on s’était attardé sur deux fratries lors de nos deux premiers numéros, la rédaction de Gazette Sports s’est cette fois penchée sur une autre relation familiale au sein d’une même équipe : celle entre mère et fille au sein de l’équipe féminine de l’Amiens Sports Club avec les Bexant. Sans grande surprise, la passion du hockey sur gazon a d’abord toqué à la porte de Caroline, la maman, qui a passé ses jeunes années dans l’établissement scolaire de Saint-Riquier, où la discipline était une institution : « De fil en aiguille, ça fait presque 30 ans que je joue. Mes enfants ont suivi », commente-t-elle. À l’image de sa fille, Alice, qui finissait par lâcher les arts du cirque pour se consacrer à 100 % au maniement de la crosse. « Quand on est au stade toutes les semaines, quand on voit tout le monde jouer, on a envie de suivre les pas de sa maman. Ça m’a donné envie de jouer », concède la numéro 9 de l’ASC.

Caroline Bexant, le regard attendri envers sa fille.

En plus de sa mère qu’elle voyait évoluer sur le terrain, Alice Bexant se liait d’amitié avec de nombreuses filles de son âge avec qui elle joue aujourd’hui, pour certaines, dans l’équipe première : « C’est chouette de jouer entre copines et aussi entre familles », lance avec enthousiasme Caroline, vite coupée dans son élan par sa fille qui remet les choses au clair : « Surtout pour jouer avec mes copines. Ça fait peur de se dire qu’on va jouer avec sa maman (rires). » Avant cela, chacune avait pour habitude de venir encourager l’autre et Caroline garde parmi ses meilleurs souvenirs de hockey avec sa fille un événement durant lequel elle occupait le rôle de manager de l’équipe jeune des Hauts-de-France où figurait sa fille : « C’était un souvenir mémorable, d’être sur le côté, de la voir évoluer et de la voir gagner. J’étais vraiment fière d’elle à ce moment-là. »

Mère et fille au sein d’une grande famille

Avec un tel niveau, pas étonnant qu’Alice rejoigne rapidement l’équipe première. Et si la principale concernée apprécie aujourd’hui le fait de jouer avec sa maman, elle garde une image particulière du premier entraînement avec elle : « Forcément, s’entraîner avec sa maman, ça fait peur, dit-elle, amusée. On arrive dans une nouvelle équipe, il n’y a que des vieilles (sic). Forcément, ça me fait peur, mais on s’est adaptées et maintenant, ça fait trois ans. » Et cette notion de « vieilles » et de jeunes dans cette équipe, Alice Bexant la met beaucoup en avant, elle faisant partie d’un clan et sa mère d’un autre : « Des fois, maman est d’accord avec les moins jeunes. Moi, je suis d’accord avec les plus jeunes. Ce sont des visions différentes. » Mais cette diversité dans les âges et les idées est une force selon Caroline : « Cette équipe est composée de mamans et de filles. Et c’est ça qui crée l’alchimie. C’est ça qui fait qu’on est une grande famille. C’est vrai qu’on a un lien avec ma fille. Mais sur le terrain, on est toutes dans une seule famille. »

Alice Bexant, à l’écoute attentive de sa mère.

Mais comme dans toute famille, l’ambiance n’est pas toujours au beau fixe, comme le confirme sa fille : « C’est vraiment chouette de passer du temps ensemble. Mais des fois, c’est moins chouette, on peut aussi se disputer. » Lors des déplacements, la cohabitation n’est pas toujours évidente non plus : « Des fois, je suis gênante. Passer un week-end avec sa mère, des fois, ce n’est pas sympa », concède la maman. Mais les deux ne sont jamais en froid bien longtemps lorsque la tension monte et elles trouvent toujours des solutions pour régler les problèmes : « On arrive à aller chacune dans notre chambre d’hôtel et à avoir chacune nos moments avec nos copines. » Car, globalement, le fait de jouer au hockey sur gazon ensemble a davantage rapproché Alice et Caroline que l’inverse : « C’est aussi ça qui fait qu’on vient au club. Si chacun allait de son côté, on passerait moins de temps ensemble. Le fait de faire la même chose, on crée des liens, on a une histoire commune« , assure Caroline, le sourire aux lèvres, qui rappelle que l’ASC n’est pas seulement l’histoire d’une mère et de sa fille mais celle de tous les Bexant : « Mes parents et donc ses grands-parents viennent nous voir. Ma sœur vient avec ses enfants, mon mari fait le barbecue. Ils mangent du hockey sur le gazon tout le temps. On est tout le temps dedans. »

Deux personnalités qui s’assemblent avec brio

Sur le terrain, Alice et Caroline forment un binôme idéal, différent mais complémentaire, qui sait parfaitement se coordonner : « On se connaît, on a une connexion. J’adore jouer de son côté. C’est chouette d’avoir des passes de sa fille. Je sais quand elle va me les donner, j’adore jouer avec elle », confirme Caroline, directement embrayée par sa fille : « On sait se trouver. Je sais qu’il y a d’autres mamans, mais je ne sais pas forcément comment elles jouent. Alors que maman, je sais comment elle joue. » Étonnamment, c’est la plus jeune qui fait davantage preuve de calme sur le terrain : « Je suis horrible, avoue Caroline. Je ne lâcherai rien. Je suis là pour gagner, rien que pour ça. Ce caractère, c’est parce qu’on a un groupe de vieilles. On a décidé qu’il fallait aussi qu’on montre que même si on n’est pas jeunes, on est là aussi », se justifie-t-elle. À chacune ses qualités, Alice a davantage de technique mais Caroline a le mental. Un duo mère-fille qui fonctionne à merveille tant sur le terrain qu’en dehors, dont la différence de génération et de caractère forme une force et surtout une ambition commune : « Si on peut continuer à jouer ensemble très longtemps, ce serait génial. »

Simon Vasseur
Crédit photo : Théo Bégler – Gazettesports.fr

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