Jeux Olympiques : Un tournant pour la mixité ?

Construire une société plus durable, plus unie, plus ouverte…Voici l’héritage que souhaitent transmettre les Jeux Olympiques de Paris 2024. Pour atteindre cet objectif, le comité d’organisation souhaite miser sur la jeunesse et contribuera, entre autres, à sensibiliser toute une génération à la mixité dans le sport.

Quoi de mieux que l’accueil du plus grand évènement sportif de notre histoire pour fédérer toute une génération aux problématiques de parité et de mixité ? S’adresser à la jeunesse a été naturellement le choix vers lequel s’est tourné le comité d’organisation de Paris 2024. C’est dans ce cadre que tout un dispositif olympique scolaire a été mis en place, avec comme atout principal la création du label « Génération 2024 ». Délivré par le ministère de l’Education Nationale, de la Jeunesse et des Sports, et le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, il a pour objectif de développer des passerelles entre le milieu scolaire et le mouvement sportif pour encourager la pratique physique et sportive des jeunes. En particulier pour le public féminin. Plus globalement et en collaboration avec le CNOSF, l’ambition de Paris 2024 est de promouvoir l’accès des femmes à la pratique sportive (viser 50 % de licenciées) et leur accès aux postes à responsabilités (50% de femmes dans les instances de gouvernance). Cette dynamique passera également par le développement et la diversification de l’offre sportive au sein des fédérations, avec un objectif visé de 75% d’épreuves mixtes proposées au niveau local et national.

Maintenant pour quasiment toutes les instances, on essaie vraiment d’avoir une parité

Si le milieu sportif est encore bien loin de ces chiffres et si chaque sport a ses propres spécificités (le rugby est bien plus considéré comme un sport d’homme par exemple, contrairement à la gymnastique qui est plutôt considérée comme un sport de femme) la tendance tend à s’inverser. Conjointement à cet élan positif, les statuts des fédérations évoluent eux aussi dans le bon sens, comme nous le fait remarquer Cyril Plé, Vice-Président du CROS Hauts de France et président de la ligue FFME Hauts de France (fédération française de la montagne et de l’escalade), avec qui nous avons échangé : « Il y a une évolution de par les règles qu’on nous impose. En tant que président, pour ma liste, j’étais obligé de présenter autant d’hommes que de femmes, c’était une obligation. Il en est de même maintenant pour quasiment toutes les instances, on essaie vraiment d’avoir une parité. » La prochaine étape sera bien sûr l’intensification de la présence des femmes aux postes à haute responsabilité, actuellement sur 115 fédérations sportives agréées, on compte seulement 14 présidentes.

Cyril Clé lors des trophées du bénévolat sportif du CROS

L’importance de l’éducation

Cette volonté de mobiliser le milieu scolaire affiche clairement l’ambition du COJO et du CNOSF d’intervenir sur le champ de l’éducation, et d’utiliser ces JO comme levier de sensibilisation. Passer par l’éducation, c’est permettre de faire évoluer les mentalités, de participer à « déconstruire les préjuger » et plus généralement de promouvoir le rôle des femmes dans le sport. Cyril Plé, en est en tout cas persuadé : « Ça doit passer par l’éducation c’est primordial. Cela doit aussi passer par une communication accrue entre l’éducation nationale, les associations sportives et les instances dirigeantes »  La semaine olympique, la journée olympique, ou encore les classes olympiques font par exemple partie des actions mises en place par le CROS pour sensibiliser les plus jeunes dans ce contexte Paris 2024. Les fédérations scolaires comme l’UNSS, l’USEP et l’UGSEL, ont elles aussi un rôle clef à jouer puisqu’elles interviennent au quotidien auprès des jeunes « Elles font un travail de fourmi dans les établissements scolaires pour justement valoriser le sport féminin, la mixité, en travaillant en commun, on peut démocratiser tout ca » avoue Cyril Plé. Il ajoute ensuite « A l’école il n’y a pas de différenciation par genre, filles, garçons, tout le monde pratique le sport de la même façon » . Si l’école, où la mixité est obligatoire depuis 1975, offre effectivement un enseignement sans distinction de genre, la cour de récréation reste quant à elle toujours soumise aux préjugés. Fille d’un coté garçon de l’autre.

A l’école il n’y a pas de différenciation par genre, filles, garçons, tout le monde pratique le sport de la même façon

L’opportunité que représente les JO dépasse donc le simple cadre du sport et sera l’occasion idéale pour faire le point sur la situation et les progrès du sport en matière de mixité. C’est en tout cas un des objectifs du comité d’organisation qui place la notion d’héritage au cœur de sa stratégie.




Timothée Hallet

Crédit Photo : DR

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