JEUX OLYMPIQUES – Christophe Moyon : « Quand la flamme s’embrase, on se dit vraiment qu’on y est »

Ancien défenseur emblématique des Gothiques d’Amiens et international français, Christophe Moyon a participé aux Jeux olympiques de 1994 à Lillehammer en Norvège. L’Amiénois d’adoption revient sur cette période mémorable de sa carrière.

À l’inverse de Hugo Gallet et d’Antoine Richer, Christophe Moyon n’est pas né à Amiens, mais à Albert. Arrivé dans la capitale picarde à l’âge de 12 ans, il est un Amiénois d’adoption. Mais les trois hommes ont un point commun : ils ont participé aux Jeux olympiques. Le plus jeune d’entre eux, Hugo Gallet, y est actuellement avec l’équipe de France à Milan-Cortina. Pour Gazette Sports, l’ancien défenseur des Gothiques d’Amiens, un temps joueur le plus capé sous le maillot du club picard avant d’être dépassé par Romain Bault en janvier 2024, revient sur sa participation aux Jeux de Lillehammer, en Norvège, en 1994.

Comment avez-vous appris que vous alliez participer aux Jeux olympiques ?

C’était suite au dernier regroupement de l’équipe de France où l’entraîneur annonçait la liste des joueurs qui partaient pour faire les Jeux. Tout simplement. J’avais déjà fait des regroupements un peu avant, en 1993, peut-être en 92, je ne sais plus. En 93, j’avais pratiquement fait toute l’année avec l’équipe, je n’avais juste pas fait les championnats du monde. L’année suivante, j’avais fait tous les rassemblements, c’était la suite logique. Mais ensuite, c’est le sport, rien n’est jamais acquis d’avance.

Participer à des Jeux olympiques avec l’équipe de France de hockey sur glace, cela représentait-il un rêve chez vous ?

Oui tout à fait. Les Jeux olympiques, je pense qu’on peut difficilement faire mieux pour un joueur. Par rapport à la saison que j’avais faite, je pensais que j’avais de bonnes chances de les faire. C’était une belle reconnaissance parce que je suis arrivé sur le tard en équipe de France, à 28 ou 29 ans. Pour moi, c’était une fin de carrière extraordinaire par rapport à ce que je faisais en club et au niveau international.

Christophe Moyon, ancien défenseur des Gothiques d’Amiens et de l’équipe de France.

Quels souvenirs gardez-vous de cette olympiade à Lillehammer en Norvège ?

C’était fantastique parce que toutes les épreuves n’étaient pas totalement éparpillées. On avait pu aller voir le bobsleigh, du ski. On jouait les matchs, mais on avait quand même le temps de se balader et d’aller voir d’autres sports. C’était vraiment sympa. On pouvait se retrouver dans la cafétéria du village olympique, en train de manger avec les meilleurs joueurs de hockey. On a mangé avec les stars du patinage artistique, on pouvait vraiment croiser tout le monde. Il y a toujours quelques cas particuliers qui préfèrent être à l’hôtel, pour leur préparation (il sourit). Je me souviens de la cérémonie d’ouverture où on avait dû attendre dans le froid, par -15°C. Toutes les délégations partaient du village olympique pour aller vers le stade de saut à ski, on devait marcher un ou deux kilomètres. Il a ensuite fallu attendre dans le froid, mais c’était tellement beau que ce n’était pas grave. Et au moment où la flamme s’embrase, on se dit qu’on est vraiment aux Jeux olympiques !

Sur le tournoi de hockey sur glace, l’équipe de France a terminé à la 10e place…

C’était pas mal. On avait joué le Canada, la Slovaquie, les États-Unis, la Suède et l’Italie. On avait failli battre les Américains, c’est vraiment un match qu’on aurait pu gagner (4-4). Je me rappelle qu’on avait joué devant Hillary Clinton qui était dans les tribunes. On se battait bien, avec nos armes. On avait un bon groupe et un bon entraîneur (le Suédois Kjell Larsson, entraîneur de l’équipe de France de 1986 à 1994, ndlr). Je n’ai plus les scores en tête de nos matchs, mais on n’avait pas pris de gros scores sur nos défaites. Ce n’était pas facile car en face, certaines équipes avaient leurs meilleurs joueurs. Il n’y avait pas, comme cette année, tous les meilleurs joueurs NHL, mais il y avait quand même de très bons jeunes et des stars qui se sont révélées par la suite.

L’équipe de France a retrouvé les Jeux 24 ans après sa dernière participation en 2002 à Salt Lake City, aux États-Unis. Que vous évoque cette sélection avec un certain Hugo Gallet dans ses rangs ?

C’est bien, mais s’il y avait les Russes, on n’y serait pas. Quelque part, on est un petit peu à notre place par rapport au niveau qu’on a aujourd’hui, par rapport aux autres nations. À mon époque, on battait la Suisse. Aujourd’hui, on est à des années-lumière de la Suisse, qui a un gros championnat et des patinoires avec 10 000 spectateurs. Ils ont su évoluer, nous on a du mal en France, c’est compliqué. Ces dernières années, on a du mal à rester dans le groupe 1. Là, la France va jouer pour remonter et c’est difficile de remonter avec les pays de l’Est de l’Europe. C’est pour ça que je ne comprends pas pourquoi, aux Jeux olympiques, on n’a aucune pression, on n’a pas lancé des jeunes dans le bain. Là, on a voulu faire plaisir. Il y a des mecs qui se sont donnés toute leur carrière hier, comme Pierre-Édouard Bellemare, qui ont toujours répondu présent pour venir en équipe de France, donc je comprends qu’ils soient là. Pour d’autres joueurs, j’aurais préféré mettre des jeunes, ce sont des matchs intéressants pour eux. C’était le moment de lancer des jeunes. Il y en a des bons, mais il faut qu’ils jouent.

César Willot
Crédit photo : Théo Bégler – Gazettesports.fr

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