ÉDUCATION AUX MÉDIAS – Thomas Gogois : « La beauté du geste »

Thomas Gogois, athlète amiénois de l’AUC qui vise les JO Paris 2024, est allé parler de sa passion pour le triple saut à une classe de CM1-CM2 de l’école Louise Michel d’Amiens.

Ses débuts et son palmarès

“Je vais avoir 22 ans (NDLR : il les a fêtés le 24 juin), j’ai commencé à pratiquer à 6 ans, déjà dans le même club qu’aujourd’hui, l’Amiens UC. J’ai débuté parce que, c’est un peu cliché, je courais vite, comme beaucoup de personnes qui font de l’athlétisme. Au début, j’ai commencé à faire beaucoup de sprints. Ensuite, à partir de 15 ans, je me suis vraiment spécialisé. Ce qui m’ a attiré dans ce sport, c’est la beauté du geste et le fait que je suis très compétiteur. Aussi parce que le triple saut sort de l’ordinaire et à cause de la difficulté à le pratiquer. Entre 6 et 16 ans, je n’étais pas très concentré sur l’athlétisme, notamment car je faisais du judo.

Avant de pratiquer l’athlétisme, j’ai aussi essayé la natation. J’ai arrêté le judo à 14 ans car j’ai eu une grave blessure lors d’un combat : je me suis mal réceptionné et me suis blessé au coude. 

J’ai pensé à pratiquer le basket, sport que j’aime beaucoup et même le foot, mais je ne me considérais pas assez bon. J’ai même pensé à changer de métier lorsque je suis arrivé quatrième à l’Euro juniors avec une blessure à la cheville, je me suis remis en question pendant un mois, en 2016.

Je me suis fait connaître au plan national à 16 ans, j’ai fait un premier stage en équipe de France et l’année suivante, j’ai participé aux championnats de France, puis aux championnats du monde dans ma catégorie mais j’ai fini seulement à la 12ème place. En 2018 et 2019, j’ai enchaîné les médailles aux championnats de France. J’ai fini 4ème au championnat d’Europe juniors. Et cette année, j’ai gagné le championnat de France.”

Sa journée type

“Je m’entraîne deux fois par jour : le matin, c’est de la préparation physique. Je mange puis je fais une sieste. À 16h30, j’ai entraînement. Puis de 19h à 21h, c’est la phase de récupération, avec sauna pour éliminer les toxines et cryothérapie, à base de froid, pour activer la circulation sanguine.” 

Le 5 juin dernier, Thomas Gogois a sauté 16,69 m lors du meeting d’Amiens Métropole, au stade Urbain Wallet.

Avantages et inconvénients

“J’ai eu énormément de difficultés durant ma carrière, j’ai en effet grandi très vite : à 15 ans, je mesurais 1,77 m et deux mois après 1,88 m ! Avec la musculation, je suis devenu plus solide qu’avant. C’est parfois difficile d’être un sportif professionnel car on doit suivre un régime alimentaire, on est parfois loin de sa famille. Mais il y aussi des avantages : sur le plan financier, à partir du moment où on est athlète de haut niveau, on peut avoir des partenariats. Des partenariats privés, négociés par mon agent, il a été le premier à croire en moi et à me suivre. Il travaille avec moi depuis que j’ai gagné le championnat d’Europe. Je commence enfin à vivre de mon sport. Je suis également soutenu par le Département, grâce au club Somme 24, dont je suis l’un des ambassadeurs, en vue des Jeux Olympiques de Paris. Pour être sportif professionnel, il faut avoir confiance en soi, croire en soi car personne ne le fera pour toi. Il faut saisir les opportunités, avoir un bon entourage, avec les bonnes personnes.”

Ses objectifs

“Je souhaite participer aux JO 2024 et remporter la médaille d’or bien sûr ! Il me reste deux ans pour me préparer. Pour se qualifier, il faut arriver dans les trois premiers aux championnats de France qui auront lieu un mois avant et réaliser les minima, soit 17,04 m. J’ai fait 16,70 m l’année dernière, je pense pouvoir progresser pour battre ce record. Le record du monde est à 18,29 m (NDLR : détenu par le Britannique Jonathan Edwards depuis 1995 !). Un Français seulement a dépassé les 18 m, Teddy Tamgho, avec 18,04 m en 2013.”

Ses modèles

Usain Bolt, que j’ai pu voir en tant que spectateur aux JO de Londres en 2012 (NDLR : Thomas avait 12 ans). Ainsi que Teddy Tamgho et Allyson Felix, sprinteuse américaine, qui est pour moi l’équivalent féminin d’Usain Bolt. Dans d’autres sports, j’admire LeBron James, Didier Drogba, Cristiano Ronaldo et Serena Williams.”

Projet et après-carrière

“Mon projet pour le futur, c’est de créer un pôle sportif à Amiens, car actuellement je suis frustré de voir qu’il n’existe pas de structure pour l’athlétisme comme il peut en exister pour la natation. Je souhaite pouvoir redonner ce que l’on m’a offert. Pour l’instant, je n’ai pas encore la notoriété pour pouvoir m’exprimer sur ce sujet. J’arrêterai ma carrière de sportif quand je ne serai plus performant. Je me retirerai complètement de l’athlétisme, je ne pense pas entraîner d’autres sportifs.”

En bonus

Thomas est descendu avec nous dans la cour pendant la récré : il nous a fait une petite démo de la technique du triple saut et certains ont même couru des sprints avec lui ! Évidemment, Thomas a gagné ! 

Dina, Ewan, Hélèna, Gegée, Laly, Lisa-Rose, Marietou, Mathéis, Mayar, Néo, Nolan, Rafif et Zakaria, élèves de la classe de CM1-CM2 de Christèle Leroy, école Louise Michel à Amiens Etouvie
Crédit photos : Kevin Devigne et Vincent Delorme – Gazette Sports

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